Le pays du vélo : 7 jours aux Pays-Bas 

=> Pays-Bas, du 18 au 24 avril 2023

Depuis quelques temps déjà, j’avais repéré que je serai aux Pays-Bas à la période de la floraison des tulipes et me réjouissais de circuler à vélo à travers ces champs multicolores que j’avais pu voir en photo précédemment. Mais au-delà de ces promenades champêtres et fleuries, je souhaitais aussi découvrir, ou redécouvrir les Pays-Bas. 

Mon itinéraire aux Pays-Bas

De Rotterdam à La Haye 

Depuis Anvers, je projetais de rejoindre La Haye (Den Haag en néerlandais), mais la distance, 125 km, était trop longue pour le faire d’une traite, j’ai donc fait une pause d’une nuit à Rotterdam. Après les quelques 103 kilomètres qu’il m’a tout de même fallu rouler pour rejoindre le plus grand port européen, j’ai tout de suite été mise dans l’ambiance cyclable des Pays-Bas. Les pistes cyclables sont remplies de cyclistes en tout genre, qui roulent à des vitesses très variées selon qu’ils sont assistés électriquement ou non, et gare à celui qui d’écarte un peu trop de sa file. Distraite, je regardais le paysage fascinée par l’architecture moderne de la ville et j’ai légèrement dévié à gauche, je me suis vite fait rappeler à l’ordre ! 

Je n’ai pas pris le temps de visiter plus la ville, j’ai filé dès le lendemain matin vers la Haye, à 25 km seulement de Rotterdam, sur le bord de la Mer du Nord. La ville, bien que plus petite que Rotterdam, est assez étalée, et j’ai choisi de la visiter à vélo car je souhaitais n’y consacrer qu’une seule journée. 

Les moulins hollandais

Même si c’est Amsterdam qui est la capitale constitutionnelle du pays, les institutions gouvernementales siègent à La Haye, ce qui en fait la capitale administrative. La 3ème plus grande ville des Pays-Bas est aussi la capitale internationale de la paix et de la justice. Elle accueille notamment, le palais de la paix, qui abrite la Cour Permanente d’Arbitrage, la Cour Internationale de Justice des Nations Unies et l’Académie de Droit International de La Haye. Malheureusement le site ne se visite pas, mais on peut découvrir son histoire et son rôle à l’aide d’un audioguide très instructif proposé par le centre des visiteurs. 

Le Palais de la Paix – La Haye

Le reste de la ville mérite également une jolie promenade entre ses canaux, alternant entre bâtiments anciens, tels que le Binnenhof qui longe le bassin du Hofvijver, et qui accueille les bureaux du Premier ministre, et des buildings modernes. 

le Binnenhof qui longe le bassin du Hofvijver

En route pour admirer les champs de tulipes 

Le lendemain, j’ai choisi de prendre l’itinéraire par la côte pour rejoindre la périphérie d’Amsterdam, en vue ensuite de slalomer entre les champs de tulipes. Malheureusement la météo n’était pas de mon côté, et la piste cyclable au cœur des dunes le long de la Mer du Nord a beaucoup moins de charme sous la pluie et face au vent qu’elle n’aurait pu en avoir sous un ciel bleu et avec le vent dans le dos.

J’avais ensuite repéré, grâce à mon GPS et des sites internet dédiés, les zones et les routes le long desquelles j’aurai une chance de voir des champs de tulipes. La préparation de mon parcours s’est avérée efficace, j’ai en effet pu admirer des champs de tulipes de toutes les couleurs possibles. Même s’il est interdit de se rendre au milieu du champs pour prendre des photos (trop d’Instagrammeurs ont piétiné les fleurs pour avoir les plus belles photos), il est le plus souvent possible de se rendre en bordure des plantations et c’est déjà très sympa de la part des producteurs. 

Audrey, ravie devant les champs de tulipes en fleurs

Le lendemain, sur les conseils de mon hôte, Elma, je me suis rendue au parc Kukenhof. Ouvert durant seulement 3 semaines, au cœur de la période de floraison des tulipes, cet immense parc floral propose de découvrir de très nombreuses variétés de tulipes, et de se promener au cœur de parterres tous plus jolis les uns que les autres. Idéal cette fois pour les Instagrammeurs ! Mais je recommande vivement de s’y rendre dès l’ouverture, car dès 10h / 10h30, le nombre de touristes gâche un peu le plaisir de la promenade. 

Amsterdam

Les canaux d’Amsterdam

C’est Bastian, un autre cyclo contacté via le site Warmshowers, qui m’a gentiment accueilli au cœur d’Amsterdam pour deux nuits. En l’absence de ses colocataires, il avait invité des amis pour le week-end, et j’ai eu la chance à la fois de profiter de la ville en solo comme j’en avais envie, mais aussi de passer deux soirées très sympas dans une ambiance internationale, à l’image de la ville, avec un norvégien, un mexicain, un suédois, et une allemande. J’ai de nouveau eu une journée humide pour visiter la ville, mais j’ai tout de même pu faire les quelques achats que j’avais à faire, déambuler le long des canaux, et admirer l’architecture si typique de cette ville que j’avais déjà visitée quelques années auparavant. 

Les rues humides d’Amsterdam
Les vélos d’Amsterdam

La pluie glaçante néerlandaise

J’ai ensuite roulé deux jours dans la campagne néerlandais en direction de l’Allemagne. Après une première journée agréable, je me suis arrêtée dans un camping pour planter ma tente une 3ème fois depuis le début de mon voyage. La gérante m’a gentiment proposé de m’installer sous une sorte de préau pour être à l’abri de la pluie qui ne manquerait, en effet, pas d’arriver quelques minutes plus tard. Au petit matin, on me dit qu’il a plu 20 mm durant la nuit. Le sol est détrempé et je commence ma journée avec les chaussures et les chaussettes mouillées. Erreur que j’essaierai autant que possible d’éviter à l’avenir car les sur-chaussures imperméables ne peuvent plus rien une fois que les pieds sont mouillés, et il est alors impossible de les réchauffer.

J’ai donc roulé 90 km avec les pieds mouillés et gelés, jusqu’à mon arrivée à Emmen, petite ville frontalière avec l’Allemagne. L’accueil de Marry et Rob a été incroyable, en plus de m‘offrir un thé et de me prêter une grosse paire de chaussettes en laine, j’ai eu droit à une bouillote pour me réchauffer ! Une bonne nuit au chaud, un bon dîner, et j’étais prête à repartir pour 100km le lendemain matin en direction de l’Allemagne. 

Les Pays-Bas à vélo

J’avais déja été surprise par le niveau des infrastructures cyclables flamandes, j’ai été encore plus impressionnée par celui des Pays-Bas. Ici, je ne crois pas avoir roulé plus de quelques kilomètres sur des routes sans voies cyclables. Et même s’il faut parfois partager les trottoirs avec les piétons, ce qui n’est, à mon sens, pas idéal, le fait de rouler sur un espace dédié et séparé de la circulation automobile est vraiment reposant car on a moins besoin d’être toujours à l’affut du danger. J’ai même emprunté un long tunnel réservé aux vélo à l’entrée de Rotterdam, ou encore traversé une autoroute sur une passerelle dédiée au modes doux. On se sent d’autant plus en sécurité que la plupart du temps ce sont les vélos qui sont prioritaires sur les voitures, et ces dernières sont attentives et respectent cette priorité. A chaque route traversée, les voitures anticipent, s’arrêtent pour me laisser passer, ce n’est pas à Nouméa que ça aurait pu m’arriver !

En plus des infrastructures routières, j’ai pu apprécier à leur juste valeurs les parkings à vélo sécurisés, au sous-sol de la gare de Rotterdam, par exemple, duquel on ressort sans se fatiguer grace à un tapis roulant ! Ou encore les bornes de réparation avec une pompe et les outils nécessaires au réglage du vélo le long des principaux axes cyclables.

Equipement de réparation le long des pistes cyclables

C’est sans aucun doute grace à ce très haut niveau d’infrastructures que les néerlandais se sont à ce point approprié ce mode de déplacement. A la campagne, j’ai pu assister à la sortie d’un lycée, les lycéens sans assistance électrique s’accrochent au bras de leur camarades assistés électriquement pour avancer de concert.

Ici, en théorie, pas besoin de GPS ni même de se promener avec une carte. Tous les carrefours sont numérotés, et il suffit de lister les noeuds cyclables par lesquels on souhaite passer, puis de suivre les panneaux. Certains cyclistes se promènent avec un post it accroché à leur vélo grace à une pince à linge comportant seulement une liste de nombres correspondant aux noeuds qu’ils doivent emprunter. Personnellement, j’ai gardé mes habitudes et utilisé mon application GPS.

les plans cyclables avec les noeuds numérotés
Les panneaux directionnels sur les voies cyclables

En revanche, j’ai regretté la densité et l’urbanisation très importante des Pays-Bas, ce qui signifie que l’on n’a, comme en Flandre, que très peu de répit sur des petites routes de campagne contrairement aux routes sur lesquelles j’ai pu rouler en France ou comme j’en trouverai plus tard en Allemagne, et plus encore au Danemark.

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