Premiers jours en Inde : rencontre avec les rabatteurs de Delhi

du 28 au 30 octobre 2015

En arrivant à New Delhi en milieu de matinée, après un vol depuis Katmandou, je voulais me reposer un peu. Je m’étais fixée comme deux seuls objectifs. le premier, acheter un pantalon large et un T-shirt avec des manches (courtes), mieux adaptés à mon séjour en Inde que ce que j’avais jusqu’à présent dans mon sac à dos. Le second, acheter  mon billet de train pour Varanasi, ma première destination après Delhi. Il me restera ensuite deux jours pour visiter tranquillement la ville… J’ai finalement passé ma journée à me faire promener par les rabatteurs.

Mon premier contact avec l’Inde : les rabatteurs

Depuis l’aéroport, le métro m’a déposé à environ 1,5 kilomètres de mon auberge. N’ayant aucune idée des tarifs des tuks-tuks ni de monnaie, il m’a semblé alors plus facile d’y aller à pied pour ne pas tenter une négociation sur la course. Je m’y attendais, mais la sortie du métro, en plein centre de Delhi, c’est vraiment un choc. Cette affluence de gens, d’animaux, de véhicules, d’ordures qui jonchent le sol, c’est vraiment impressionnant. Cela ne ressemble à rien de ce que j’avais pu voir ailleurs.

Une fois passée la barrière des tuks-tuks qui veulent tous m’emmener je ne sais où pour 20 roupies, je me lance sur la route de mon auberge. Une personne, deux, trois me demandent d’où je viens, où je vais, s’ils peuvent m’aider. Non je n’ai pas besoin d’aide, je sais où je vais.

L’un d’entre eux décide néanmoins d’entamer la conversation, il travaille dans une librairie et prend la même route que moi (j’y crois moyennement). Il m’explique que mon auberge est dans un mauvais quartier, dangereux, et que je devrais plutôt aller dans un autre quartier. Il en connait une très bien. J’avais bien lu les recommandations de mon guide à ce sujet. Je ne me démonte pas, même si franchement en avançant dans la rue je me demande un peu où je suis et je n’en mène pas large. Je suis sous le choc de mes premiers pas dans le pays. Je lui explique que ma cousine (www.voyageadeuxsacs.com) était là quelques semaines auparavant et m’a dit que c’était très bien. Mais mon interlocuteur a évidemment une réponse : ce n’était pas pareil il y a quelques semaines, depuis il s’est passé quelque chose, je n’ai pas bien compris quoi, mais le quartier est devenu dangereux ! Voyant que je ne lâche rien et que je souhaite me rendre à mon auberge, il finit par me laisser.

Cela ne dure pas une minute avant qu’une seconde personne tente de me faire le même speach, tout en m’expliquant que je dois continuer tout droit pour me rendre à mon auberge. Au final quand il me laisse, j’aurai parcouru 1km de trop. Je n’ai plus qu’à faire demi-tour pour finalement trouver mon auberge dans une rue animée mais qui ne me semble pas dangereuse.

Mon deuxième contact avec l’Inde : les rabatteurs

Après avoir posé mes affaires, je me lance donc à la recherche de « l’International tourist bureau », le guichet de vente de billets de trains réservé aux touristes étrangers. Dans chaque gare il y a un bureau spécial, normalement situé au premier étage du bâtiment principal, permettant aux touristes d’acheter leurs billets en évitant la cohue des guichets classiques.

Me voilà donc en route pour la gare située à 5 minutes de mon auberge quand un monsieur me demande où je vais. Il m’explique que je ne peux pas aller à la gare en passant tout droit car la rue est fermée, que je dois traverser le pont et entrer de l’autre côté. Il ajoute que si je souhaite acheter des billets des train je ferais mieux de me rendre à l’office gouvernemental de tourisme situé sur Connaught Place. Il arrête un tuk-tuk, lui demande un plan de la ville, me montre ce bureau. C’est crédible puisqu’il est indiqué sur le plan. Il négocie la course à 20 roupies, soit 27 centimes. A ce prix, je me laisse convaincre, pensant qu’au pire j’aurai des informations touristiques…

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Quelques minutes plus tard je me retrouve dans un bureau dont je ne suis pas certaine qu’il s’agisse de l’office de tourisme officiel. La conversation qui s’engage est d’abord sympathique et pleine de bons conseils sur les choses à faire à Delhi et sur mon itinéraire en Inde. Je prends confiance. Le conseiller derrière son bureau me propose alors de regarder les billets de train pour Varanasi. J’accepte en me disant que même s’il prend une petite commission ça me facilitera la vie. Mais en cherchant ensuite le billet pour ma destination suivante, la ville d’Agra, il m’explique qu’il n’y a plus de billet disponible. Ni en 3ème classe, ni en 2nde classe. Ni même avec le « tourist quota », le quota de places pour les touristes qui existe dans la plupart des trains indiens.

Je commence à m’inquiéter. Tout le monde m’avait pourtant dit qu’en achetant les billets deux jours avant le voyage je n’aurai aucun souci. On regarde ensemble si je peux faire mon tour des villes dans l’autre sens, mais ce n’est pas mieux. Il ‘explique que c’est à cause de Diwali, une fête Hindoue le 11 novembre. Il y a beaucoup de gens qui voyagent (ça me rappelle étrangement la Golden week en Chine). Il me propose alors un package, et dans ce cas, en achetant les guest houses et les billets de trains, on pourrait trouver une solution. Je n’ai pas bien compris pourquoi d’un coup ça libérerait des places dans le train.

J’ai donc commencé à douter très fortement du sérieux de tout cela, mais je ne savais plus comment m’en sortir. C’est impressionnant le pouvoir de persuasion qu’ils peuvent avoir. sous couvert de vouloir vous aider, ils peuvent arriver à vous vendre ce dont vous n’avez absolument pas envie. Cependant à 14h, j’avais faim, j’étais fatiguée, et pas décidée à signer. Mais j’étais un peu inquiète sur la disponibilité des trains, il avait partiellement gagné ! Je lui ai expliqué que je ne pouvais rien décider dans des conditions aussi rapides et que je devais manger avant. Il m’a donc recommandé un petit restaurant juste à côté où l’un de ses collègues m’a emmenée. Il avait probablement peur que je ne file en douce…

Les plats étaient à un tarif très abordable. Il n’y avait que des indiens dans le restaurant. Cela semblait être une bonne adresse. Je me suis posée, on m’a recommandé un thali. J’attendais qu’on me serve quand deux jeunes gens sont entrés et se sont assis à la table à côté de la mienne. La conversation s’est engagée et je me suis alors fait la réflexion qu’il pouvait y avoir des gens qui ne me parlaient pas uniquement pour me soutirer de l’argent.

Je me suis jointe à leur table et nous avons partagé le déjeuner. Je leur ai raconté mon projet de tour en Inde du nord et mon problème de billets de train. Je leur ai aussi expliqué mon questionnement quant au sérieux du bureau dans lequel je me suis rendue. Ils ont été très persuasifs également. Ils m’ont expliqué qu’en raison de Diwali les trains sont bondés et que je ferais mieux de booker tout de suite le package proposé, faute de quoi je ne trouverai jamais de solution. Tout cela expliqué évidemment de manière beaucoup plus subtile, de sorte que j’ai failli y croire. Mais pour ils étaient tellement insistants que j’ai fini par comprendre que mon conseiller touristique avait envoyé deux gars pour déjeuner avec moi et finir le travail ! Qu’à cela ne tienne, j’ai décidé de rentrer à l’hôtel pour interroger la réception. Je les ai quitté difficilement car ils ne voulaient vraiment pas me laisser partir. J’ai dû leur expliquer que j’allais faire la sieste et que je reviendrai en fin d’après-midi.

J’ai fini par trouver l’International tourist bureau

En route pour mon hôtel, à quelques pas du faux bureau touristique, je suis passée devant un office gouvernemental de tourisme. Personne n’était posté devant à attendre le chaland. J’ai poussé la porte, mais personne ne m’a accueillie. Ca semble être le vrai ! Je me suis adressée au guichet pour demander comment acheter un billet de train. On m’a  » Rien de plus simple, il faut se rendre à la gare à l’International tourist bureau « . Retour à la case départ, mais cette fois-ci rien ne m’arrêtera en route !

Quelques-uns ont bien essayé de m’embarquer dans leur tuk-tuk, de me vendre diverses choses, de m’indiquer un chemin que je ne demandais pas… Mais rien ne m’a arrêtée jusqu’à ce que je trouve le bureau. Situé au premier étage de la gare, c’est endroit agréable, calme, climatisé, où l’on patiente assis sur un canapé en attendant notre tour. 45 minutes plus tard j’avais mes billets de train pour Varanasi, Agra et Jaipur, les trois premières destinations de mon voyage. Soulagée, je pouvais enfin partir à la recherche d’un pantalon et d’un t-shirt dans le grand bazar situé face à la gare.

J’ai terminé ma journée en décidant que désormais, en Inde, si quelqu’un m’abordait, aussi sympathique soit-il, je ne lui ferai pas confiance. Et si j’avais besoin d’un conseil, d’une aide, c’est moi qui demanderai.

Plus tard, j’ai croisé un couple d’Allemands également partis en tour du monde et qui se sont fait avoir par le package, ils le regrettaient fortement.

Prête à visiter Delhi

Le lendemain matin, par précaution, j’ai décidé d’acheter mes derniers billets de train et de boucler mon tour en Inde. Cela me laisserait moins de marge de manœuvre, mais ça me permettra de gagner du temps en évitant de me rendre chaque fois à la gare pour acheter mes billets. Et surtout d’être sereine quant à la disponibilité car je ne passerai que très peu de temps dans le pays (18 jours). Il me fallait donc le visiter à un rythme soutenu. De fait certains trains étaient déjà bien remplis.

Je visiterai donc dans l’ordre Varanasi, Agra, Jaipur, Jodhpur, Jaisalmer, Udaipur, et pour finir Mumbai.

 

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Je suis ensuite partie visiter la ville. Contrairement à la plupart des destinations, j’ai trouvé qu’il n’était pas simple de savoir par où commencer. Qu’est-ce qui vaut vraiment le coup, qu’est ce qui le vaut moins. Je me suis décidée pour les Humayuns tombs, qui m’ont donné un premier aperçu de l’architecture indienne. C’est un mausolée construit au 16ème siècle qui a inspiré la construction du Taj Mahal. Très belle visite. Je me suis ensuite dirigée vers Ghandi Smirti, poignant mémorial sur le lieu de l’assassinat du Mahatma Gandhi. Et j’ai fini ma journée au Fort rouge, supposé être le lieu à ne pas manquer à Delhi, mais je n’ai pas été subjuguée.

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Le lendemain, j’ai visité l’immense et somptueux Akshardham Temple. Construit en 2005, il est dans un état parfait et vraiment impressionnant. Malheureusement les photos y sont totalement interdites. Je publie donc exceptionnellement une photo trouvée sur le web pour donner un aperçu.

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Pour finir ma visite de Delhi je me suis rendue à Jama Masjid, la grande mosquée de la ville. Elle est très belle et ne ressemble pas aux mosquées que j’avais visitées jusqu’alors.  j’y ai naturellement cherché la salle de prière sans la trouver. Et pour cause, il n’y en a pas. Ici les gens prient dans la cour intérieure qui fait office de  la salle de prière.

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De retour à l’auberge, il ne me restait plus qu’à attraper mon premier train de nuit pour Varanasi.

4 Comments on “Premiers jours en Inde : rencontre avec les rabatteurs de Delhi”

  1. Ha ha ha on a bien rigolé ça rappelle des souvenirs ! Tu as vu comment ils sont forts en persuasion c’est dingue !!! Heureusement on avait booké nos billets sur internet c’était plus simple !
    Profite bien de la suite certaines villes sont plus calmes heureusement ! Bisous

    1. Oui, je suis pourtant pas du genre à me faire avoir, mais là, ça a failli, ils sont très forts ces indiens !
      Mais maintenant c’est bon je suis super bonne pour les éviter ou les dissuader de discuter avec moi.
      bon voyage à vous deux

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