Luang Namtha et le nord du Laos : un sentiment ambigu

du 31 décembre 2015 au 2 janvier 2016

Après mes trois jours de trekking à Sapa, j’ai décidé de renouveler l’expérience et d’aller passer le nouvel an au nord du Laos. Mais cette région me laissera un sentiment ambigu : alors que l’endroit est vraiment splendide et que j’y ai rencontré des voyageurs super avec qui j’ai passé d’excellents moments, presque chaque fois que j’ai eu affaire à un local,  ça s’est mal passé. Pour la première fois depuis le début du voyage j’ai donc eu le sentiment de ne pas aimer les gens sur place, c’est un peu dur à dire, mais vous comprendrez en lisant la suite.

Arrivée à Luang Namtha, un accueil peu agréable

Depuis Luang Prabang, j’ai pris un minibus direction le nord ouest du Laos. La route tourne, tourne, et tourne encore, mais le chauffeur maitrise, pas de problème. En arrivant à Luang Namtha, ville depuis laquelle partent la majorité des trekkings, je fais le tour des agences pour comparer leurs offres. Dans la ville, on ne peut pas faire deux pas sans se faire aborder par une vieille (ou parfois moins vieille) dame en tenue locale, qui cherche à nous vendre d’abord des bracelets, puis finalement de l’herbe. Jusque-là tout va bien, mais il est vraiment impossible de s’en détacher, elles reviennent nous voir toutes les 3 minutes, y compris alors qu’on est en pleine conversation avec une agence par exemple. Je suis  habituée aux rabatteurs, aux vendeurs divers, aux chauffeurs de taxi qui cherchent à me soutirer quelques sous, et en général ça ne me dérange pas du tout, je refuse avec un sourire et ça passe toujours bien. Mais ici je les ai trouvées vraiment pénibles.

Les offres des agences ne sont pas tout à fait similaires, certaines proposent une nuit en famille d’autres pas, un circuit dans le nord, donc dans la zone naturelle protégées, ou dans le sud, donc en dehors de la zone… Je fais donc mon choix pour un trekking de trois jours dans le nord, avec une nuit en famille. Sont supposés être aussi inscrits, 2 Français et 1 Australien, c’est donc un petit groupe.

Une fois ce choix effectué je me rends au marché de nuit pour diner, et retrouve sur place des voyageurs qui étaient avec moi dans le bus. Je commande et paye un mango shake, et quand la vendeuse me l’apporte, elle soutient que je ne l’ai pas payé. Refusant de payer une seconde fois car je suis vraiment sure de moi, je ne bois donc pas le shake. 5 minutes après c’est mon voisin qu’une autre vendeuse vient voir pour lui retirer son assiette et lui demander des sous… alors qu’il a déjà payé son plat. C’est la première fois en 4 mois de voyage que cela m’arrive… 2 fois en 5 minutes, étrange ! Ce n’est pas grave j’irai manger ailleurs la prochaine fois.

Le lendemain matin, je me rends avec mon grand sac à dos à l’agence pour le laisser sur place pendant mon trek. Le gérant m’accompagne ensuite vers une autre agence  un peu plus loin dans la rue et me présente mon guide. Je ne ferai donc pas le trek prévu initialement : il y a 10 personnes, aucun Français ni Australien, et manifestement personne n’a le même programme en tête. Ce n’est pas grave, il est trop tard pour annuler et ce sera surement très bien quand même.

De fait, le groupe composé de 3 italiens, 2 suisses, 2 japonais et 2 canadiens était super sympa.

Un trekking très sympa, mais qui ne correspond en rien à ce que j’ai réservé

Le premier jour notre guide s’est arrêté au marché pour faire des provisions, puis nous sommes partis en tuk-tuk pour rejoindre le point de départ du trekking.  Les deux premiers jours on a marché dans la jungle (mais pas dans la zone naturelle protégée, alors que c’est ce qui avait été vendu à tous) et les paysages étaient vraiment superbes. Pour ma part c’était mon premier trekking dans une jungle et j’ai été vraiment impressionnée par la densité et la hauteur de la végétation. En revanche on n’a pas vu un seul animal, est-ce parce qu’on n’était pas dans la zone protégée ?

Au menu, matin, midi et soir, du sticky rice. C’est la spécialité du Laos, du riz vraiment très collant. A midi notre guide nous préparait le repas agrémenté de produits de la jungle : herbes diverses, fleurs de bananier. Le tout cuit  au feu de bois dans un bambou faisant office de faitout, et les feuilles de bananier faisant à la fois office d’assiette et de couverts, c’est sympathique.

Le soir du 31, on a dormi dans un village, dans une baraque en bambou construite pour accueillir les groupes et non pas dans une famille comme convenu. Mais la soirée autour du feu de camp, arrosée de bière Beerlao était vraiment sympa. En revanche, quand on commence à 18h30 et que pour toute animation on a un feu de camp, les heures sont longues, et à minuit et demi tout le monde était au lit.

Bonne année !

Kayak au lieu du trekking… « parce que c’est mieux pour moi » !

Les 3 italiens et les 2 japonais avaient réservé un trekking de deux jours et nous ont donc quittés à la fin du deuxième jour, pendant que le guide tentait de nous convaincre, les 2 canadiens et moi que « ce serait mieux pour nous » de faire du kayak le 3ème jour plutôt que de marcher. Les 2 suisses avaient réservé un journée de kayak et ça évitait de scinder le groupe en deux. On n’avait prévu aucune affaire pour cela, évidemment je n’avais pas ma GoPro, mais on n’a pas fait les difficiles et on a accepté.

Le troisième jour, après avoir attendu 2h30 notre tuk-tuk, on retrouve finalement une famille de belges  partis à 5 faire un tour du monde en camping-car (5happyhoppers) pour notre journée de kayak. Mais il manque un kayak. Etant la seule sans binôme, je me retrouve avec les deux guides sur un kayak double (gonflable, donc ça tient en terme de place) et avec seulement deux pagaies. On m’explique « que ce sera mieux pour moi », je m’énerve un peu expliquant qu’on ira à trois mais que je n’apprécie pas d‘être prise pour une idiote trop longtemps. Au final, impossible de faire avancer l’embarcation correctement, et on dépose donc un guide en cours de route. Ensuite, la navigation est sympathique, on passe quelques rapides, à l’endroit ou à l’envers en fonction de l’habileté des rameurs, on rigole bien. Mais de nouveau on aurait du être en amont de la ville, et qu’on se retrouve en aval, moins agréable au regard de la qualité de l’eau.

La cerise sur le gâteau : mon sac à dos bloqué des heures dans une agence fermée

En rentrant en ville, on est mouillés, frigorifiés, il est temps que je récupère mon sac pour aller prendre une douche chaude. Je prends une chambre dans le même hôtel qu’à mon arrivée et vais chercher mon sac. L’agence est fermée, rideau baissé. Je suis la seule à être « partie avec cette agence » et donc à avoir laissé mon sac là-bas. Je remonte donc la rue pour retrouver mon guide qui se démène 5 minutes pour me trouver une solution puis s’en va. Je me retrouve donc devant une agence au rideau baissé sans mon sac et trempée. Dans l’agence voisine, le gérant passe un coup de fil au gérant de mon agence et me passe le téléphone. Ce dernier me dit « boire des verres avec ses amis ». Le confrère  passe donc  un coup de téléphone au propriétaire qui annonce venir à 18h. Il est 17h, j’attends sur le trottoir. A 18h15 je retourne aux nouvelles, le propriétaire boit désormais lui aussi des verres avec ses amis. Et le gérant n’a manifestement toujours pas décidé d’arrêter. Je craque ! J’avais laissé les clefs de ma chambre aux 5 happy hoppers pour qu’ils profitent de ma douche chaude, je retourne les voir pour demander de l’aide, espérant qu’une « grosse voix » et le fait de venir en nombre pourrait faire avancer les choses. Quand on arrive à 8 après avoir croisé d’autres voyageurs en chemin, le gérant est là, éméché, mais sans clef pour ouvrir la boutique ! Le problème n’est toujours pas résolu, mais au moins je me sens moins seule. On boit un verre, on dine, on menace de faire sauter le rideau de fer de la boutique, et vers 21h le gérant me retrouve au restaurant avec un sac à dos… qui n’est pas le mien !!! Je boue, mais 5 minutes plus tard j’ai mon sac à dos avec tout son contenu, et je peux enfin prendre une douche chaude.

J’ai vraiment hâte de quitter la ville le lendemain. Rien de grave au final, mais chacune de mes expériences avec la population locale aura été mauvaise. Heureusement que le groupe avec lequel j’ai fait le trekking et la famille belge étaient vraiment super et ont largement contrebalancé mon sentiment, de sorte que je garde quand même un super souvenir de ces 3 jours !

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