Un difficile retour de voyage : le point après 6 mois en France

saut salar uyuni

Faisant suite à mes articles sur mes trois mois, mes cinq mois et mes 328 jours de voyage, et après six mois passés en France, je fais aujourd’hui le bilan sur mon retour de voyage d’un an autour du monde.

Dans mon article bilan écrit 28 jours avant mon retour j’expliquais ne pas vouloir reprendre ma vie où elle en était avant mon départ. Que ce voyage d’un an n’était en aucun cas une parenthèse mais une transition vers autre chose. Et pourtant 6 mois après mon retour, je suis toujours à Nantes, et mon quotidien ressemble très fortement à ce qu’il était avant mon départ en tour du monde. En apparence du moins. Et plus pour très longtemps. Car ça y est, c’est décidé, je repars. Dans moins de 5 mois je m’envolerai pour un nouveau projet au bout du monde.

Pourquoi rentrer ?

Mais revenons en arrière, comment se passe un retour de tour du monde ? Et d’abord, fallait-il rentrer ?

Lors de mon année de voyage j’ai totalement occulté la question du retour pour me concentrer pleinement sur ce que je vivais. Mais durant les dernières semaines, la date fatidique approchant, je n’ai pas pu m’empêcher d’y réfléchir un peu. Entre deux plongées ou avant l’apéritif je faisais souvent un petit tour sur la plage pour imaginer la suite. Ma dernière étape au Mexique était fabuleuse, j’ai plongé tous les jours pendant deux semaines dans un environnement de rêve et j’ai sérieusement réfléchi à devenir instructrice de plongée. J’avais passé ma certification Divemaster en Malaisie quelques mois auparavant. Il me fallait passer le diplôme supplémentaire pour pouvoir trouver du travail sur place. J’ai rencontré deux directeurs de centres de plongée qui m’ont presque convaincue de poursuivre dans cette voie.

Mais je n’avais plus un centime pour financer la formation. J’étais donc obligée de prendre mon vol retour, retrouver mon travail, mettre de l’argent de côté et réfléchir posément au sujet sans être dans l’émotion.

 

Un retour sur un petit nuage

A mon retour en France, j’avais prévu de passer une dizaine de jours chez mes parents en Bretagne pour atterrir en douceur. Au début tout semble rose. On revoit d’abord sa famille, ses amis, puis ses collègues. Tout le monde est content de reprendre contact, curieux, pose des questions sur le voyage. J’ai pris beaucoup de plaisir à parler de mes diverses expériences, même quand on me demandait ma destination préférée 🙂

Il faut bien l’admettre aussi, ce n’est pas désagréable de retrouver un « vrai chez soi » et un petit peu de confort après avoir dormi en dortoir pendant un an. On se fait des bons petits restos entre amis. J’ai également eu beaucoup de plaisir à me déplacer à reprendre mes marques dans ma ville à pied comme à vélo…

Surtout je pensais que tout cela ne durerait pas. Je savais que tout était possible et puisque je ne souhaitais pas me réinstaller durablement, autant en profiter au maximum pour le peu de temps que cela durerait…

 

Mais j’ai vite déchanté

Mais très vite je me suis retrouvée dans des situations où j’ai déchanté. Après réflexion, j’ai choisi de ne pas retourner au Mexique pour devenir instructrice de plongée. Si l’idée était séduisante, c’est un secteur dans lequel on gagne suffisamment d’argent pour vivre bien localement, mais pas assez pour s’offrir des vacances et voyager… inenvisageable !

J’ai donc repris stoïquement mon travail, ce qui n’était pas facile tous les jours. Je me revois encore lors d’un déjeuner professionnel écouter d’une oreille une conversation qui ne m’intéressait pas le moins du monde tout en et m’évadant dans ma tête, repensant à ma séance de snorkeling avec les requins-baleines du Yucatan un mois auparavant. J’avais envie de prendre mes jambes à mon cou, de quitter le restaurant aussi vite que possible pour faire mon sac et repartir. Mais il fallait se rendre à l’évidence, ce n’était pas si simple. Je suis donc restée assise sur ma chaise en me consolant avec un bon petit plat comme on n’en mange pas en voyage autour du monde (on se console comme on peut !) et en me disant qu’il fallait trouver rapidement une solution.

Parce que des exemples comme celui-ci où j’étais là sans être là, j’en ai des tonnes, et un bon fromage, même accompagné d’un bon verre de vin ne peut pas tout résoudre. Passer son temps à se demander où on était une année auparavant et conclure que c’était mieux, ce n’est vraiment pas possible trop longtemps.

Alors qu’avant mon départ je ne faisait que parcourir ces articles de blog parlant du difficile retour à la réalité des voyageurs au long cours, je me suis mise à en lire quelques uns pour comprendre le blues du retour qui touche aussi les expatriés (probablement encore plus) ou les étudiants Erasmus. Un sentiment tenace que tout ce qui nous entoure n’est que foutaise, et que personne ne peut comprendre ce qu’on ressent. Une impression d’avoir vécu l’expérience la plus fabuleuse qui soit.

Tout cela est un peu exagéré probablement. Mais cette expérience nous a changé, incontestablement, on n’en revient pas indemne. Alors que l’environnement qu’on a quitté, lui, n’a pas évolué. Donc soit on s’enfonce dans la déprime et la complainte, soit on décide de sortir de cette situation au plus vite. Il faut alors se prendre en main pour construire la suite.

 

Alors j’ai réfléchi à ce que je voulais faire

Dès mon retour j’ai annoncé à mon employeur que je ne resterai pas. J’avais toujours en tête cette idée de transition et non de parenthèse, mais vers où cheminer désormais ?

J’aurai volontiers refait mon sac pour repartir à l’aventure, mais c’était trop facile, cette fois–ci cela aurait été une fuite. J’ai préféré prendre le temps de construire un nouveau projet. Je souhaitais trouver le meilleur compromis entre le cadre de vie auquel j’aspire et un job intéressant.

Je travaille dans la communication depuis de nombreuses années et j’aime vraiment cela. J’avais fait un bilan de compétences avant de partir en tour du monde et j’en étais arrivée à la conclusion que si je devais faire autre chose… je ferai la même chose ! Eventuellement dans un autre environnement, mais le même cœur de métier. Mais c’est un métier que je ne peux exercer qu’en français, car si mon niveau d’anglais est correct, je ne peux pas rédiger des articles ou réaliser des campagnes de communication dans la langue de Shaekspeare.

J’aime beaucoup Nantes, ma ville d’adoption depuis 15 ans, mais je ressentais un besoin de changement, et de soleil. J’ai donc décidé de chercher un nouvel emploi dans nos territoires d’outre-mer ensoleillés.

Cependant, bien consciente que ce ne serait pas facile, je cherchais en parallèle dans le sud de la France pour augmenter mes chances d’aboutir. C’était une erreur, je n’ai pas fait de vrai choix, j’ai mis mes œufs dans plusieurs paniers. La conjoncture dans mon secteur d’activité n’étant pas au plus haut, et visant les mêmes destinations que tout le monde, ce n’était pas très fructueux.

Et je me suis donné les moyens de vivre mes rêves

Est arrivé le moment où j’ai compris que rien n’aboutirait. Je m’enfonçais dans le marasme à répondre à des annonces qui ne m’enchantaient guère pour des postes dans des villes qui ne me plaisaient qu’à moitié. Finalement je ne déplaçais même pas aux entretiens que je décrochais. A quoi bon si cela ne correspond pas à mes aspirations ?

Combien de temps cela pouvait durer ? Et surtout combien de temps j’allais le supporter ? Pas beaucoup ! Il était temps de prendre les choses vraiment en main si je ne voulais pas me retrouver assise derrière le même écran d’ordinateur dans le même bureau l’année suivante !

De quoi je rêvais vraiment? De vivre au soleil. Qu’à cela ne tienne, il suffisait que je m’en donne les moyens. S’il y a des secteurs d’activité dans lesquels il est possible de trouver du travail à distance, ce n’est pas le cas dans le mien J’ai donc décidé de partir chercher du travail sur place.

 

Je pars pour une nouvelle aventure sur le Caillou cet été !

Et voilà, c’est fait, j’ai annoncé mon départ à mon employeur. Pour une durée indéterminée cette fois. J’ai acheté mon billet d’avion, un aller simple pour Nouméa en Nouvelle Calédonie.

Je vous assure que depuis ce jour-là, le moral va beaucoup mieux. De la phase de déprime, je suis passée à l’euphorie ! Il suffisait de se prendre en main pour suivre ses rêves.

Pour combien de temps je pars ? Je n’en ai pas la moindre idée.

Vais-je trouver du travail, vais-je me plaire  sur place ? Je l’espère évidemment. Et si ce n’est pas le cas, je recommencerai !

J’ai hâte de vous raconter la suite…

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12 Comments on “Un difficile retour de voyage : le point après 6 mois en France”

    1. Bonjour Laurence & Matthieu, merci pour votre message. je prendrai volontiersvos infos sur les Vanuatus une fois sur place, c’est indéniablement dans ma listes des lieux à visiter en Océanie !
      bonne continuation à vous

  1. Comme je me retrouve dans ce témoignage ! 🙂
    Tout comme toi, je suis rentrée en France provisoirement… mais ce provisoire s’est étendu encore et encore (pour mille et une raisons). Quelle bouffée d’air d’avoir enfin (à nouveau) un billet d’avion en poche, tout comme toi, pour un DOM-TOM où j’ai déjà vécu plusieurs années. Ce ne sera donc pas une découverte mais des retrouvailles 🙂
    C’est un soulagement, mais à l’aube du départ, le stress fait tout de même son apparition !

    Bonne chance en Nouvelle-Calédonie, c’est un archipel magnifique…

    1. Bonjour Amélie, merci pour ton message. je vois sur ton blog que tu as vadrouillé aussi en NC, je vais aller lire ça très vite !
      bonne chance également à toi dans tes nouveaux projets !

  2. Hello, je boss… ais(!) dans le marketing et je suis dans min 2ème mois de tour du monde. Alors forcément ton article me parle et me donne du baume au coeur. La Nouvelle Calédonie est une chouette destination! Bonne chance!!!

    1. Bonjour Lucie,
      merci pour ton message. Si je peux te donner un conseil, c’est de profiter de chaque instant de ton voyage, tu en reviendras tellement plus riche (pas financièrement hein !) et tellement plus forte que tout te sembleras possible ensuite !
      bon voyage !

  3. Ah le retour de voyage … J’en suis à mon deuxième et je pensais le gérer plutôt bien, mais je me rends compte que pas tant que ça, même si c’est différent de la première fois.
    La première fois, je suis restée 2 ans pour finalement repartir 2 ans pour continuer cette aventure qui m’avait laissé un sentiment d’inachevé. De voyage back pack/ PVT j’ai renchainé sur un PVT puis un voyage de volontariat qui s’est transformée en séjour longue durée au Mexique justement ! J’y suis restée un an pour finalement choisir de rentrer, j’aurai pu rester, ou aller ailleurs, mais je voulais retrouver mes proches pour une durée indéterminée.
    A présent, je ne ressens pas particulièrement le besoin de partir, mais bon sang qu’est ce que c’est dur de retrouver sa place, et une place qui nous rend heureux comme cette euphorie du voyage ! En voyage tout va vite, tout est décuplé et on fait mille choses, on se dépasse. Au retour on repart en slow motion et pour ma part, ce n’est pas évident : la patience n’est pas mon point fort.
    Contrairement à toi je n’ai pas encore trouvé un domaine de travail dans lequel je me sente vraiment bien, donc à chaque fois je me relance dans les candidatures avec cette certitude que je peux tout faire mais mon profil ne perce pas encore, ce qui n’aide pas à se sentir mieux.
    Mais bon, si j’ai appris une chose c’est que rien n’arrive par hasard et qu’il faut toujours suivre son coeur. J’espère que ton expat/voyage à Nouméa t’apportera ce que tu cherches. Cela me semble être un bon choix : soleil, langue française, franchement c’est cool !

    C’était un plaisir de te lire ! Bon courage pour la suite.

    1. Bonjour Emma, merci pour ton message, c’est sympa de voir que d’autres voyageurs aux parcours divers ont aussi une expérience du retour pas toujours simple. Super chouette ton blog ! je me suis abonnée à ta page Facebook. bonne continuation.

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