Trekking dans les rizières de Sapa avec une jeune Hmong

du 24 au 26 décembre 2015

J’ai quitté Hanoi le 23 décembre, et laissé Sandrine prendre son avion pour la France. Bus de nuit direction Sapa. Pour une fois, alors qu’on arrive vers 4 heures du matin, le chauffeur gare son bus et laisse tout le monde dormir ! On émerge progressivement vers 6H30, sous l’œil attentif et impatient de divers rabatteurs ou chauffeurs. Je suis venue à Sapa pour faire un trekking de 3 jours dans les montagnes, et les villages des diverses minorités ethniques qui peuplent la région. Mon objectif est de partir le jour même pour passer Noël dans un cadre différent.

Carte Sapa

Le choix du trekking

Zizi, une jeune Hmong (la plus nombreuse des minorités ethniques de la région) m’a abordée à la sortie du bus pour me proposer un trekking, mais je pensais initialement m’adresser à une agence. Les agences ne manquent pas dans la ville, et je fais donc le tour de quelques unes en début de matinée pour comparer leurs propositions. Les offres et les tarifs diffèrent, mais elles ont toutes des groupes de 7 à 10 personnes minimum : comment peut-on dormir dans une famille et partager un moment authentique avec un grand groupe comme celui-là ? De plus, la grande majorité propose des tours de 2 jours, et si je veux en faire un 3ème le prix de ce 3ème jour est démesuré pour ne pas dire dissuasif. Alors que je me promène dans la rue pour faire mon choix je tombe de nouveau sur Zizi. Elle me propose 3 jours de trekking avec elle, en dormant dans sa famille, le 1er jour avec un couple de néerlandais, puis 2 jours seule avec elle. Je décide de lui faire confiance après avoir succombé à son sourire tellement communicatif.

Un 24 décembre arrosé d’happy water

Le premier jour nous marchons donc à travers les rizières et plantations de thé, pour rejoindre la maison de son frère et sa belle-sœur. Le temps est magnifique, et j’en profite un maximum car je sais que ça ne durera pas. Les paysages sont vraiment fantastiques, même si ce n’est pas la meilleure saison, car le riz déjà été récolté et que les rizières sont désormais pleines d’eau.

En arrivant, Zizi, sa mère et sa belle-sœur préparent le diner sur le feu de bois à même le sol de la cuisine. Nous mangeons des nems et du riz, avec quelques légumes, c’est très bon. Et nous buvons de l’ « happy water », c’est à dire de l’alcool de riz… c’est moins bon ! Le diner de Noël arrosé au Champagne, ce sera pour l’an prochain !

La vie dans une famille Hmong

Le lendemain, après avoir mangé de succulents pancakes préparés au feu de bois,  accompagnés de nouilles, le couple de néerlandais rejoints Sapa avec une autre guide, et je marche avec Zizi, sous la pluie. Nous discutons un peu, elle m’explique qu’elle a appris l’anglais la rue en parlant avec les touristes lorsqu’elle vendait de l’artisanat hmong, puis elle est devenue guide il y a 3 ans et demi. Elle s’est mariée à 16 ans, en a aujourd’hui 24, et a deux garçons de 3 ans et demi et 2 ans. Curieuse, je lui ai demandé comment elle avait rencontré son mari. Elle m’a répondu l’avoir rencontré dans une fête du nouvel an, mais au début elle ne l’aimait pas, elle avait d’autres petits copains. Puis il est allé voir sa mère tous les jours pour la demander en mariage et c’est sa mère qui a choisi pour elle. Elle m’a dit qu’aujourd’hui, parfois ça allait, mais parfois il est « fâché » contre elle 🙁 . Dans les minorités ethniques du nord du Vietnam, ça se passe encore souvent comme ça, les femmes « sont mariées » très jeunes. Mais dans le reste du pays beaucoup moins.

On finit le trajet en moto car il pleut vraiment trop, il fait froid, on ne voit rien, bref ça n’a plus aucun intérêt. On rejoint donc la maison de Zizi pour la deuxième nuit. En arrivant elle s’excuse en m’expliquant que sa maison est petite. Elle fait environ 70 m2 au sol plus 35m2 à l’étage. Donc ce n’est pas vraiment petit, mais par contre le confort est vraiment sommaire. Ici, pas de parabole ni de télévision, la maison est faite tout en bambou, avec un toit en tôle ondulée et un sol en terre. Le fossé qui entoure la maison évite à la pluie de rentrer. La moitié de la grande et unique pièce est vide. Pour tous meubles il y a deux tabourets et un banc de 20cm de haut, une petite table basse à côté du foyer creusé à même le sol, et un grand lit caché derrière un rideau. A l’étage dont l’accès se fait par une échelle bambou, on trouve un matelas recouvert d’une moustiquaire, et une couverture pour les clients. L’eau arrive de la montagne juste à côté de la maison. Et les toilettes sont accessibles en passant par un chemin escarpé et une passerelle en bambou large de 20cm, c’est acrobatique, mais à priori seuls les clients les utilisent…

La douche des enfants se fait dehors sous la pluie glaciale, à la lumière d’une lampe frontale, dans une bassine dont l’eau a été chauffée sur le feu de bois. Je voulais de l’authentique, je l’ai eu !

Les petits, 2 ans et 3 ans et demi sont beaucoup plus libres que les enfants du même âge chez nous. Je suis sans arrêt inquiète quand je vois le « grand » jouer avec ou alimenter le feu, jouer avec un couteau dont la lame fait 25 cm, ou quand je vois le « petit » de deux ans grimper à l’échelle. Quand j’explique mon étonnement, Zizi me raconte que son fils à 3 ans jouait avec un couteau similaire pour couper du bambou pendant qu’elle était dehors. Pas de chance, il a utilisé « sa mauvaise main », la gauche, et s’est coupé le pouce… Il a passé 11 jours à l’hôpital, ça ne devait pas être une petite blessure !

Dans les sentiers ou hors des sentiers… tout dépend à quel point de vue

Le lendemain, retour à Sapa. La pluie s’est calmée, mais la visibilité n’est toujours pas au rendez-vous et avec l’humidité, la température ressentie est vraiment glaciale. Tout le trajet se fait le long de la route, ce n’est pas très agréable. J’ai découvert après coup qu’il y avait des sentiers, et j’ai compris que ma guide n’avait pas les autorisations pour utiliser certains sentiers de la zone. J’ai eu confirmation plus tard en discutant avec d’autres voyageurs ayant fait un trekking avec une agence. Ils n’ont pas eu de dîner en famille, dormi dans un grand dortoir dans une baraque à côté de la maison familiale, mais il y avait tout le confort : douche et eau chaude. Bref pas très authentique. En revanche ils ont empruntés des sentiers au milieu des rizières tous les jours… à chacun de choisir ses priorités. Pour ma part je ne regrette absolument pas mon choix, et si c’était à refaire en toute connaissance de cause je ferai le même !

De retour à Sapa je me suis un peu promenée dans la ville ville en attendant mon bus pour Dien Bien Phu puis Luang Prabang au Laos. Il y a beaucoup de femmes des minorités ethniques qui viennent en ville vendre leur artisanat, on reconnaît leur origine grâce à leur tenue et leur coiffe, c’est très coloré !

Pour partir en trek avec Zizi
  •  0988383072
  • ou demander Zizi dans le village !

3 Comments on “Trekking dans les rizières de Sapa avec une jeune Hmong”

    1. Salut,
      A ma connaissance, pas de possibilité d’aller directement de Cat Ba à Sapa car je pense qu’Hanoi est sur la route, ce qui implique surement un changement de gare routière. Mais à vérifier sur place on a souvent de bonne surprises…
      J’ai payé mon trekking 15$ / jour tout compris, c’était le prix demandé, je n’ai évidemment pas négocié. Dans les agences c’est au mieux le même prix, ou plus cher.

  1. Merci pour les infos. Effectivement pas besoin de négocier à ce tarif. On verra si on y va si on a le temps car on va tomber pendant les vacances du tet donc pas gagné avec les transports. Et ça va dépendre aussi de la météo. Bisous

Laisser un commentaire