Iquitos : nouvelle excursion dans les profondeurs de la forêt amazonienne

Iquitos, forêt amazonienne, Pérou // du 27 juin au 2 juillet 2016

Les 2/3 du Pérou sont couverts par la forêt amazonienne, donc finalement me rendre deux fois dans la jungle en un mois de visite du Pérou, ça peut sembler étrange de prime abord mais ça ne l’est pas tant que ça, pas plus que de faire deux trekkings dans les Andes. Il faut dire que j’avais vraiment apprécié mon premier séjour dans la réserve de Tambopata, et que la jungle a le mérite d’avoir un climat chaud qui me convient mieux que les nuits « glaciales » en altitude. Mon guide de Tambopata, Josleen souhaitait également découvrir cette zone de la forêt amazonienne et m’a donc rejointe à Iquitos pour quelques jours. Après les singes, les tarentules, les perroquets et les caïmans de Tambopata, je voulais voir des iguanes, des paresseux et me baigner dans le fleuve amazone avec des dauphins roses, c’est chose faite !

Iquitos : une ville au cœur de la forêt amazonienne

Iquitos est une très grande ville au cœur de la forêt amazonienne, c’est la plus grande ville au monde que l’on ne peut rejoindre par la route. Elle n’est accessible que par les airs ou par les fleuves depuis Pucallpa au sud-ouest ou Yurimaguas au nord-ouest, puis les bateaux continuent en direction de l’Océan Atlantique à travers le Brésil.

J’ai passé une partie de ma première journée à Iquitos à faire un tour des agences pour comparer les offres d’excursions dans la jungle. Les propositions sont plus ou moins similaires mais les tarifs varient grandement. En général les agences annoncent un prix par personne, donc dans la troisième agence, lorsque le gérant m’a annoncé son prix, j’ai grimacé et lui ai demandé d’à minima s’aligner sur le meilleur prix que j’avais obtenu… ce qu’il a fait, alors que son tarif initial, déjà était déjà très compétitif puisque pour deux personnes. J’ai donc divisé le prix par deux sans même m’en rendre compte, pas mal la négociation !

Ce même patron, plutôt sympa, m’a ensuite proposé de faire un tour de la ville avec lui dans son mototaxi, ce qui lui permettrait de pratiquer son français, pendant que je découvrirai les meilleurs endroits de la cité. Je l’ai suivi pour un tour à Belen et sur les bords du fleuve.

Le lendemain, nous avons refait (plus tranquillement) un tour dans les mêmes quartiers avec Josleen. Le « bidonville » de Belen est un quartier entier de la ville construit sur pilotis. Il a les pieds dans l’eau la moitié de l’année pendant la saison des pluies, et ses habitants sont alors contraints de s’y déplacer en barque. Alors que pendant la saison sèche, c’est à dire lorsque j’y étais, le quartier a les pieds dans la vase et les détritus et on y évolue en marchant sur des planches autant que possible. C’est un vrai quartier avec son école, son église, ses commerces, qu’il est question de détruire pour déplacer ses habitants ailleurs. Mais ceux-ci s’y opposent et souhaitent rester vivre ici, à quelques pas du centre-ville.

Nous avons ensuite découvert le marché de Belen, ses poissons, ses fruits, ses épices et ses plantes médicinales puis marché sur les bords du fleuve avant de rejoindre le centre-ville et ses agences. Iquitos est une ville typique d’Amazonie avec ses constructions anarchiques, son climat tropical, ses mototaxis et sa vie en extérieur. Mais elle est plus agréable et plus jolie que Pucallpa ou Puerto Maldonado car elle dispose de quelques monuments coloniaux. Nous avons finalement effectué un rapide tour des agences avant de valider l’offre que j’avais négocié « ardemment » la veille sans même le vouloir.

Il nous restait encore un peu de temps et nous nous sommes dirigés en bus vers le port situé au sud de la ville. Les bus d’Iquitos sont étonnants, leur structure est toute en bois et les fenêtres n’ont pas de vitres. Ils sont fabriqués localement, je pense qu’on ne les trouve qu’ici ! Une fois au port nous avons pris un bateau pour « le Mirador ».  Après une demi-heure de navigation sur le fleuve Amazone, nous voilà en haut du mirador à admirer le fleuve géant. Sa largeur est impressionnante, plusieurs centaines de mètres, et pourtant c’est la saison sèche !!! C’est sûrement 3 fois plus large en saison des pluies. Nous nous sommes ensuite promenés dans un petit village de pêcheurs où les enfants se cachaient dans les arbres !

Arrivée au lodge

Après avoir découvert brièvement la vie nocturne d’Iquitos, nous sommes partis le lendemain matin en direction de notre lodge. Deux petites heures de bateau sur le fleuve Amazone et nous voilà arrivés à bon port. C’est un petit lodge qui ne fait que 5 chambres, et le confort est très limité, mais l’ambiance est sympathique, la nourriture est succulente, et j’ai beaucoup apprécié l’espace hamacs !

Nous avons fait la connaissance de notre guide qui n’a « que 60 ans » mais qui en parait facilement 70. De prime abord je me suis un peu interrogée mais quand je l’ai vu gambader, mes doutes se sont très vite levés, et quand il a commencé à grimper aux arbres, j’étais vraiment bluffée !

Notre première matinée était consacrée à la découverte des plantes médicinales. C’est intéressant de découvrir qu’on peut soigner beaucoup de choses avec tout ce qu’on a sous la main dans la jungle, mais il y a peu de chances que ça me serve un jour. En revanche la dégustation de canne à sucre fraichement coupée à la machette par notre guide avant le déjeuner, ça, j’ai vraiment apprécié !

Le fleuve Amazone, ses dauphins roses et ses piranhas

Par la suite nous avons alterné entre les promenades en barque sur l’Amazone et les marches en forêt. Pour commencer, les dauphins roses ! Voir les dauphins roses était évidemment un des objectifs de cette virée dans la jungle. A quelques minutes seulement de bateau de notre lodge, nous avons patienté quelques minutes et vus rapidement surgir plusieurs dauphins. Certains étaient des dauphins roses, une espèce endémique qui ne vit qu’en eau douce. D’autres, des dauphins gris qui sont venus de l’océan Atlantique (plusieurs milliers de kilomètres !) et se sont progressivement adaptés au milieu. Nous avons tenté de nager avec ces dauphins, je sais qu’à certains endroits c’est possible, mais ceux qu’on a vus étaient trop timides et ne se laissaient pas approcher, ni même filmer ou photographier aisément  d’ailleurs ! C’est les inconvénients de la vie sauvage, évidemment dans un parc animalier il est plus facile de prendre des photos, mais… Et finalement rien que l’idée de nager dans ce fleuve mythique suffisait à m’enthousiasmer !

Notre deuxième sortie sur le fleuve avait pour objectif la pêche aux piranhas. Tout comme lors de ma première expérience dans la réserve de Tambopata, je n’ai fait que nourrir les piranhas et je n’en ai pêché aucun. De toute manière c’est un poisson truffé de petites arrêtes très difficile à manger ! Nous avons finalement décidé d’aller piquer une tête avant de retourner au lodge, mais on est sortis de l’eau précipitamment quand on a vu l’orage arriver. En l’espace d’un instant on s’est retrouvés sous un véritable déluge avec un vent à décorner les bœufs, et le moteur du bateau qui ne démarrait pas … on a survécu néanmoins !

La selva toujours pleine de surprises

Nos promenades dans la selva (la jungle) étaient destinées à la recherche de tout type d’animaux que l’on peut évidemment voir dans la forêt, mais je tenais particulièrement à voir un paresseux que je n’avais pas eu la chance de voir précédemment, et un iguane. J’ai été bluffée par les yeux de notre guide qui a aperçu à 3 reprises des iguanes perchés à la cime des arbres. C’est toujours impressionnant de voir un animal pour la première fois dans son environnement naturel. Et pour ce qui est du paresseux, c’est mon ami Joseleen qui l’a trouvé. Quand il dort, l’animal ressemble à une boule marron que l’on confond aisément  un nid de termites, mais nous avons même eu la chance de le voir bouger. Et ça prend son temps, le paresseux évolue réellement très très lentement, c’est vraiment surprenant !

Pour le reste, nous avons pu observer des tarentules, des grenouilles, des singes de toutes sortes, de nombreux oiseaux et des moustiques ! A Tambopata je m’étais fait piquée quelque fois, mais rien de bien méchant, je ne pensais pas que ce serait différent ici mais je me trompais. J’ai eu beau m’asperger plusieurs fois par jour d’anti moustique, porter des vêtements longs, rien n’y faisait, ils s’acharnaient sur moi. J’étais obligée de porter une énorme veste polaire et un jean par-dessus mon legging pour avoir un peu de répit, ce qui n’est pas très confortable vu la température. Et pendant ce temps-là, un autre touriste de mon groupe se demandait pourquoi il avalait des pilules anti-malaria alors qu’il n’avait aucune piqure, pas de chance pour moi.

Le centre de « secours des animaux » et le village indien très décevants

La dernière demi-journée était consacrée à la visite d’un « centre de secours » des animaux et d’un village indien. Les animaux vivant là-bas sont supposés provenir des captures faites au marché noir d’Iquitos. Ils passent quelques temps sur place avant de retourner dans leur environnement d’origine. Les propriétaires du centre sont fiers d’expliquer que les animaux sont en liberté et donc libres de rejoindre la jungle s’ils le souhaitent, mais comme ils sont nourris sur place, évidemment ceux-ci ne reprennent pas leur liberté. J’ai également un doute sur la provenance des animaux car il n’y a « par hasard » qu’un seul animal de chaque sorte, un anaconda, un toucan, un bébé gorille, une tortue préhistorique, et des singes. Si c’était vraiment des saisies du marché noir on n’aurait probablement pas cette diversité.

Le « village indien », quant à lui, s’est avéré être uniquement un regroupement de 3 huttes abritant des stands d’artisanat local vendu par des femmes en tenue traditionnelle. Ce sont réellement des indigènes ne parlant pas un mot d’espagnol, mais on n’a pas vu leur village comme je l’espérais.

Après 3 jours dans la jungle, sur le chemin du retour en ville nous avons eu la chance de voir encore quelques dauphins, des roses et des gris, sauter devant le bateau pour nous dire « au revoir », plutôt sympa !

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