4 jours dans le transsibérien : une expérience à vivre !

du 6 au 9 septembre 2015

J’ai pris le transsibérien, d’une traite, pour me rendre de Moscou à Irkoutsk. Quatre jours et quatre nuits dans un wagon de 3ème classe.  En début de voyage c’est une transition, une façon de se poser quelques jours. Je recommande vivement cette expérience hors du commun. J’ai repris la même ligne quelques jours plus tard pour aller d’Irkoutsk à Ulan Ude et effectuer la portion de trajet qui longe le Lac Baïkal. Un trajet réellement magique, à faire impérativement de jour !

Transsibérien Moscou - Irkoutsk

Arriver à la gare

Mon train partait de la Gare Yaroukovsky (c’est indiqué Yar sur le billet). A la sortie de la station de métro Komsomolskaya il y a des flèches vers deux gares : Leningradsky et Yaroukovsky. Des panneaux indiquent les grandes lignes, c’est très facile à trouver. Les trains sont affichés environ 20 à 30 minutes à l’avance, il n’est pas nécessaire d’arriver plus tôt sauf pour manger un morceau avant de partir.

prodovnitsa

Vivre dans le transsibérien

La prodovnitsa vérifie chaque billet et passeport avant de laisser les passagers monter dans le train. C’est l’hôtesse qui est responsable du wagon. Elles ont la réputation de ne pas être commodes, mais la mienne était très agréable. Une fois le train parti, elle distribue les sacs de linge (draps et serviette) en vérifiant au préalable que c’est un supplément payé sur le billet. Il est toujours possible de les louer en direct si nécessaire. Elle est aussi responsable de maintenir le wagon propre. Le ménage du wagon et des toilettes est effectué deux à trois fois par jour. Dans mon premier train c’était nickel : savon, essuie main, etc. Mais dans le second beaucoup moins, il vaut mieux être prévoyant.

A peine le train parti, les voyageurs sortent tous une paire de chaussons ou de savates et enfilent un jogging voire une blouse. Il faut oublier le défilé de mode, et se mettre également à l’aise. Le legging est idéal. Ensuite, ce sont les allers-retours au Samovar (grosse bouilloire à l’entrée du wagon) qui commencent et qui rythment les journées.

Il n’y a rien à faire d’autre que de boire du thé, manger, lire, regarder le paysage ou dormir. Il est recommandé de venir avec quelques provisions pour ses repas et une bouteille d’eau. Mais il n’est pas nécessaire de prévoir pour l’ensemble du voyage, car le train s’arrête régulièrement plusieurs minutes voire des dizaines de minutes dans les gares.Des vendeurs ambulants offrent toutes sortes de victuailles, boissons et souvenirs. Ce qui est proposé dépend des gares, ce peut être des fruits, des chaussons à la viande, du pain, des glaces, des nouilles déshydratées, mais aussi des souvenirs de type artisanat local.

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Que ce soit pour faire des achats ou non, il est indispensable de descendre du train pour se dégourdir les jambes et parfois admirer la gare.

Au niveau des paysages, c’est un peu toujours la même chose : on roule au milieu des forêts avec plus ou moins de relief, on traverse quelques rivières, et on longe parfois des village de maisons en bois (isbas) On finit par se lasser. En revanche le trajet entre Irkoutsk et Ulan Ude qui longe le lac Baïkal est absolument exceptionnelle. Je recommande vraiment de faire ce trajet de jour. Initialement mon billet pour aller d’Irkoutsk à Oulan Bator devait partir à 22 h et ce trajet devait s’effectuer de nuit. J’ai décidé de changer ce billet pour faire en journée la première partie du parcours. J’effectuerai la seconde partie,  Ulan Ude / Oulan Bator en bus car c’est deux fois et demi plus rapide et deux fois moins cher qu’en train.

transsibérien et baikal

Les journées sont ensuite consacrées à la lecture, la rêverie et la sieste ! Ou à essayer d’échanger avec les autres voyageurs.

Les échanges avec les autres voyageurs

Les Russes pour la plupart n’effectuent pas des trajets aussi longs. Ils prennent le train pour une ou deux nuits en moyenne, sur les trajets plus difficiles à faire en avion je suppose. Dans mon wagon j’étais la seule à voyager de Moscou à Irkoutsk. On change donc de voisins régulièrement. J’étais aussi la seule touriste étrangère durant tout le trajet. Les russes ne parlent, pour la grande majorité d’entre eux, pas un seul mot d’anglais. Même les jeunes. Il me restait donc mes quelques mots de russe, les sourires et la langue des signes pour échanger avec mes voisins. Et ca marche ! A la première pause dans une gare, mon voisin de banquette a commencé la conversation. Il ne comprenait pas pourquoi j’allais jusqu’à Irkoutsk en train et pas en avion… En remontant dans le train, il m’offre une glace, un esquimau. Pas de chance, je n’aime pas le chocolat, mais il était hors de question de refuser… Lui s’est acheté une bière Baltika, j’aurai préféré qu’il m’en propose une aussi !

Peu après, j’ai retrouvé à deux reprises sur ma couchette un Bounty puis une plaquette de chocolat… mais personne ne me disant d’où cela venait. Au réveil de ma sieste : une petite boite en bois avec des cœurs ! Ca y est je sais qui c’est : un jeune homme avec qui j’avais discuté sur le quai, et qui m’a dit me trouver très jolie. Il voulait que je conserve un souvenir 😉

Pour mon dernier trajet, dans le train entre Irkoutsk et Ulan Ude, je suis tombée sur des voisins vraiment très sympas et communicatifs. Ma compréhension du russe commence à s’améliorer, ce qui aide. Ils ont commencé par me nourrir les uns après les autres. Ils ont aussi voulu soigner mon rhume à la vodka à 9h du matin, avant de me sortir une pharmacie plus conventionnelle… Je recommande vraiment la classe Platskart (3ème), car c’est là que l’on a le plus grand nombre de voisins et donc le plus de chance de bien tomber !


En pratique

  • Faire ses courses avant de partir, mais pas trop : vous pouvez acheter beaucoup de chose sur les quais. Il faut privilégier ce qui ne nécessite pas de vaisselle. Les nouilles chinoises sont pratiques, mais on s’en lasse vite, on pourra acheter quelques chaussons à la viande ou au chou sur le quai pour changer un peu. Les Russes viennent avec de nombreuses provisions : pain, légumes, saucisses, fromages. Mais en voyage itinérant ce n’est pas toujours pratique.
  • Prévoir un legging ou un jogging et une paire de chaussures confortables
  • J’avais un duvet et j’en ai été contente, même si ce n’est pas indispensable : c’est plus agréable que les couvertures en laine du train.
  • Un cadenas avec câble pour attacher son petit sac permet de dormir ou de se promener dans le wagon tranquillement sans être obligé de prendre toujours toutes ses affaires avec soi (le gros sac se range dans un coffre sous la banquette).
  • Deux prises électriques dans mon wagon (il paraît que dans certains trains il n’y en a qu’une, si le wagon est plein il peut y avoir un peu d’attente)
  • Faire son choix entre la couchette du bas sur laquelle on peut s’asseoir mais que l’on doit partager et la couchette du haut qu’on ne partage pas mais sur laquelle on ne peut pas s’asseoir. Les places dans les carrés sont plus confortables car plus larges et de même longueur mais non fermées au bout donc les grands peuvent laisser dépasser leurs pieds !

transsibérien Platskart

7 Comments on “4 jours dans le transsibérien : une expérience à vivre !”

  1. Je me permets … Je suis un collègue de marion !! Vraiment bien ton récit pour ce début de voyage et on a envie de découvrir le lac baïkal… tes anecdotes nous font aimer tes compagnons de route! Longue et belle route

    1. Bonjour Samuel,
      Tu as bien raison de te permettre, les zones commentaires de mon blog sont là pour ça ! et je suis ravie qu’il soit partagé et ne se limite pas à mon entourage direct. Je viens de publier un nouvel article sur mes plongées dans le Baïkal, bonne lecture 🙂

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