La Paz : j’appréhendais, j’ai adoré

La Paz, Bolivie // 31 mai et 1er juin 2016

Alors que j’appréhendais cette ville, et pas uniquement pour son statut de capitale la plus haute du monde, j’ai eu la surprise de vraiment l’apprécier. En général je ne reste pas longtemps dans les grandes villes, j’avais donc planifié 3 jours avant de continuer mon périple vers le Lac Titicaca, mais j’aurais volontiers pu rester un peu plus. Il faut dire qu’en raison de l’altitude, on fait tout lentement ici. Il suffit de monter des escaliers ou même une rue en pente pour être essoufflé et prendre quelques instants pour s’en remettre. Vraiment !

J’appréhendais cette ville.

Pour la première fois depuis le début de mon voyage, je n’étais pas sereine avant même d’arriver. J’avais lu tellement de choses à propos des dangers de la ville : ne pas prendre les taxis car on peut se faire braquer par quelqu’un caché dans le coffre, ne pas se promener seul le soir, ne pas se promener seul dans certains quartiers ou dans des ruelles vides. Et surtout contrairement à certaines villes où il est recommandé de faire attention aux pickpockets, ici il s’agit plus fréquemment de vols avec agression. Bref je n’étais pas sereine, je suis même sortie le premier jour sans mon IPhone et ma carte bleue, avec uniquement du liquide. Puis je me suis détendue ! Et finalement au bout de 2 jours et demie dans la ville, je peux dire que j’ai vraiment apprécié cette ville, et n’ayant pas eu la malchance d’autres voyageurs, je m’y suis sentie normalement en sécurité.

Free walking tour : un premier aperçu de la ville

J’ai commencé par le traditionnel « free walking tour » qui ici n’était pas free, pour d’obscures raisons de taxes locales, mais qui était vraiment intéressant. Nous avons effectué un circuit dans la ville en commençant devant la prison San Pedro qui est réputée pour être l’endroit le plus dangereux de la ville avec un trafic de drogue particulièrement intense, et les prisonniers qui y font la loi. Elle pouvait facilement se visiter il y a encore quelques temps, mais il y a eu quelques drames. Les visites sont organisées illégalement par des détenus et des gardiens, c’est un trafic en lui-même, et il est plutôt recommandé d’éviter. Nous avons ensuite enchainé sur un marché où les Cholitas vendent toutes sortes de patates douces et autres légumes, puis le marché aux sorcières où d’autres Cholitas vendent des fœtus de lamas ayant vocation à être enterrés sous le palier des maisons en construction pour porter chance. Il ne faut pas s’offusquer trop vite car il y a quelques temps c’étaient des êtres humains qu’on enterrait, et il se raconte que ça arrive encore, certaines personnes relatent avoir échappé à l’horreur au cours d’une soirée trop arrosée. Bref, nous avons continué notre tour de la ville sur d’autres notes plus sympathiques, et notamment un petit exposé de la situation politique. Evo Morales qui est le premier président indigène de Bolivie termine son troisième mandat, et la constitution n’autorisant que trois mandats consécutifs, il a organisé un référendum pour modifier celle-ci et se présenter une quatrième fois. Tous les murs de Bolivie sont encore peints de « Evo Si » ou « Evo No ». Jusqu’ici rien de bien original, il y a d’autres pays où on a vu ce type de référendum. Mais ce qui se voit moins souvent, c’est qu’après une courte défaite il est vrai, il envisagerait de convoquer un nouveau référendum ; en effet il considère avoir perdu en raison des mensonges et calomnies diffusées à son sujet sur les réseaux sociaux. Je pensais que la Bolivie était une démocratie, je n’en suis plus si sure. A suivre…

Le quartier de l’Alto et son téléphérique rouge

Cependant Evo morales a manifestement fait beaucoup avancer le Pays ces dernières années, et il serait par exemple à l’origine de la construction des lignes de téléphérique qui commencent à quadriller la ville de La Paz. Il y a aujourd’hui 3 lignes en circulation, et au moins 2 ou 3 autres sont en construction. C’est probablement la seule ville au monde qui construit en nombre des lignes de téléphérique en guise de transports en commun. J’ai utilisé la ligne rouge pour monter dans le quartier de l’Alto, qui comme son nom l’indique se trouve en hauteur, 4150 mètres, alors que le centre-ville se situe à 3600 mètres. Dans le téléphérique comme depuis le belvédère, le panorama est incroyable : la ville est toute rose car presque tous les bâtiments sont construits en brique sans autre fioriture, des quartiers les plus populaires aux plus riches, et on distingue les montagnes enneigées en toile de fonds. L’Alto est un quartier animé, certains diraient peu recommandable, mais en journée, du moins en restant aux alentours du marché, il n’y a pas de problème. En me promenant j’ai pu assister aux impressionnantes cérémonies réalisées par des guérisseurs et des chamanes installés sur place, c’est impressionnant et ça semble être une pratique répandue dans la population locale même si c’est la seule fois que je l’ai observée en Bolivie.

Et beaucoup d’autres choses

Dans la ville il ne faut pas manquer non plus la visite de l’Iglesia San Francisco (j’ai dû m’y reprendre à 3 fois en raison de ses horaires d’ouverture « fantaisistes », mais ça vaut la peine) ; les déjeuners ou encas au Mercado Lanza avec des jus et salades de fruits qui valent ceux de Sucre, et assister à un bloqueo (blocage / blocus) si l’occasion se présente. En effet je pensais que les français étaient les champions des manifestations, mais les boliviens sont assez bons aussi. Et ils ont surtout la manie de bloquer les routes, de sorte qu’il est parfois impossible de quitter une ville pour en rejoindre une autre autrement que par les airs pendant plusieurs jours d’affilée. J’ai échappé à ça, et n’ai assisté qu’à un petit bloqueo en centre-ville, et j’en suis bien contente !

Après 3 jours sur place, il fait toujours aussi froid le soir… je reprends donc la route avec plaisir pour remonter vers le nord et bientôt descendre en altitude. Mais je m’arrêterai d’abord sur les bords du Lac Titicaca pour visiter l’Isla del sol, dernière destination en Bolivie avant de rejoindre le Pérou.

2 Comments on “La Paz : j’appréhendais, j’ai adoré”

  1. Très bel article et photos! La paz donne vraiment envie d’être découverte! Les toits rouges se fondent avec le paysage!
    J’aimerais en savoir un peu plus sur ton voyage en Amérique latine car je vais peut être m’y rendre en septembre pendant 6 mois environ, ou je vais peut être rester 5 mois au pair au Chili! Je voudrais savoir ton ressenti dans chaque pays que tu as visité pour le moment, tes conseils pour une voyageuse solo de 20ans qui ne parle (pas encore l’espagnol) haha!
    Je te souhaite bonne continuation dans ton voyage au Pérou! 🙂
    Sophie

    1. Bonjour Sophie, merci pour ton message.
      Je ne parle pas beaucoup espagnol non plus mais j’ai pris des cours et maintenant je me débrouille, ce qui est indispensable car ici peu de gens parlent anglais. Mais si tu es jeune fille au pair tu apprendras vite pas de souci. Pour le reste je ne peux que te conseiller de lire mes articles sur l’Amérique latine et ceux à venir… et si tu as des questions plus précises n’hésite pas à me les adresser j’y répondrai avec plaisir.
      bon voyage,
      Audrey

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